À Seyne-les-Alpes, petite commune des Alpes-de-Haute-Provence, la mairie vient de lancer un appel à projets pour ses commerces vacants du centre-bourg. L’objectif : trouver des porteurs de projets prêts à rouvrir les devantures fermées, plutôt que de laisser les locaux se dégrader année après année. Cette démarche, encore rare il y a dix ans, devient un réflexe pour de plus en plus de petites villes françaises confrontées à la disparition progressive de leur commerce de proximité.
Un appel à projets pour occuper les locaux vides du centre-bourg
Concrètement, la municipalité de Seyne-les-Alpes invite toute personne ayant une idée d’activité commerciale ou artisanale à se manifester pour occuper l’un des locaux disponibles en cœur de village. La commune met ainsi en avant son patrimoine bâti inoccupé comme un atout plutôt qu’un problème, en misant sur l’accompagnement des porteurs de projets pour sécuriser leur installation. Ce type de dispositif permet souvent de tester une activité avant de s’engager sur un bail classique, avec un accompagnement de la collectivité pour les démarches administratives.
Un phénomène national : plus de six communes sur dix sans commerce
Seyne-les-Alpes n’est pas un cas isolé. Une étude de l’Institut Terram et Bpifrance Le Lab, publiée en juillet 2026, révèle que plus de 60 % des communes françaises ne disposent d’aucun commerce de détail. Un chiffre qui interroge sur l’avenir du lien social et de la vie quotidienne dans les territoires ruraux, mais que la même étude nuance : 45 % des dirigeants d’entreprises ruraux perçoivent au contraire la ruralité comme un atout pour développer leur activité.
- Un fonds de soutien a mobilisé 19,6 millions d’euros depuis 2023 pour accompagner près de 1 200 communes, dont 31 nouveaux projets rien qu’en 2026.
- Face à la pénurie de commerçants, un réseau de 156 supérettes autonomes (enseigne Api) s’est développé dans 21 départements.
- Le collectif Génération Villages a, de son côté, ouvert 150 épiceries participatives dans 65 départements.
D’autres communes s’organisent, chacune à sa façon
Cette dynamique se retrouve ailleurs en France, avec des méthodes différentes selon la taille et les moyens des collectivités. À Pamiers, l’Office du commerce s’est installé au cœur de la ville pour resserrer le lien avec les commerçants locaux, tandis qu’à Limoges la municipalité mise sur des loyers minorés pour repeupler ses vitrines vacantes du centre-ville. Ailleurs, à Muret, en Haute-Garonne, une braderie de rentrée a rassemblé les commerçants les 11 et 12 septembre pour relancer la fréquentation ; à Pithiviers, dans le Loiret, la ville a créé un poste de manager de centre-ville dédié à l’animation commerciale.
Ces initiatives locales viennent compléter les démarches engagées à Périgueux pour mieux comprendre les attentes des clients du centre-ville, preuve que la question du commerce de proximité mobilise des réponses très variées d’une région à l’autre.
Ce que cela change pour les habitants et les porteurs de projets
Pour les habitants de Seyne-les-Alpes, l’enjeu est direct : conserver un minimum de commerces à pied ou à quelques minutes de chez soi, sans devoir systématiquement prendre la voiture pour les achats du quotidien. Pour un porteur de projet, l’appel à projets municipal représente une opportunité à moindre risque : un local identifié, un accompagnement de la collectivité et, souvent, des conditions d’installation plus souples qu’un bail commercial classique en centre urbain. Reste à savoir si l’initiative attirera suffisamment de candidats dans une commune de montagne au bassin de population restreint — un défi que partagent de nombreuses petites villes françaises engagées dans la même démarche.
Questions fréquentes
Qui peut répondre à l’appel à projets de Seyne-les-Alpes ?
Toute personne porteuse d’un projet commercial ou artisanal viable peut se manifester auprès de la mairie, qui étudie les candidatures au cas par cas selon les locaux disponibles.
Pourquoi autant de communes rurales n’ont-elles plus de commerces ?
Le départ des grandes enseignes vers les périphéries, le vieillissement des commerçants sans repreneur et la baisse de la population dans certains villages expliquent en grande partie cette désertification progressive, selon l’étude Institut Terram-Bpifrance Le Lab.
Existe-t-il des aides pour ouvrir un commerce en zone rurale ?
Oui : outre les appels à projets municipaux, un fonds national a déjà accompagné près de 1 200 communes depuis 2023, et des réseaux comme les supérettes autonomes ou les épiceries participatives proposent des modèles alternatifs d’installation.
Sources
- Tagbox.fr — Commerces de centre-ville : l’appel à projets qui inspire les petites communes
- Direction générale des Entreprises — Expérimentation « Made in local » contre la vacance commerciale
- Ville d’Auterive — Actualités commerces de proximité
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
